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Une œuvre d’art monumentale dans le métro

Reproduction de la fresque recouvrant les trois murs intérieurs de la station de métro Gare Lille-Europe.

Archives de la MEL - Cote document : 54559

Cette lithographie présente un paysage bien connu des métropolitains : la fresque de la station de métro Gare Lille-Europe.

Dès la création de la ligne 1, inaugurée en 1983, la MEL (alors dénommée Communauté urbaine de Lille) avait souhaité installer des œuvres d’art dans les stations de son métro. L’objectif était d’humaniser un système entièrement automatisé et avec peu de personnel dans les stations.

Cette volonté se poursuit pour la ligne 2. Chaque station de métro est confiée à un architecte qui doit s’associer à un artiste pour concevoir un aménagement intérieur original. Les architectes retenus pour la construction de la station Gare Lille-Europe est le cabinet de Martine et Jean Pattou. Ce dernier, également peintre, prend en charge la réalisation d’une œuvre dans la station.

Dès la première esquisse de 1991, le cabinet Pattou imagine une station dont les murs intérieurs seraient recouverts d’une immense fresque. Le descriptif du projet révèle que Jean Pattou souhaitait y déployer une « ville utopique », qui « présentera une variation des espaces architecturaux dans le Nord d’hier à demain ».

C’est finalement le monde entier qu’il nous permet de contempler en attendant le métro. Comme l’énonce Pierre Mauroy dans son discours inaugural du 11 octobre 2000, le voyageur qui emprunte la station de métro Gare Lille-Europe peut « s’imaginer au pied de Tower Bridge à Londres, ou de la cathédrale de Basile le Bienheureux à Moscou, apercevoir les pyramides d’Egypte ou Sainte-Sophie à Istanbul, ou encore se promener dans les rues de Manhattan et autour du Mont Saint-Michel ». Interviewé par les archivistes de la MEL, Jean Pattou raconte comment lui est venue cette idée : l’arrivée du TGV en plein cœur de Lille a permis à chacun, à partir de cette station, de prendre le train jusqu’à l’aéroport de Paris Charles-de-Gaulle, et, de là, de voyager partout dans le monde.

Mais il ne s’agit pas uniquement d’un paysage urbain. En y prêtant attention, on se rend compte que cette ville imaginaire est bel et bien habitée de centaines de personnages qui défilent sur les nombreux ponts et escaliers qui occupent le premier plan. L’artiste s’est d’ailleurs amusé à peindre des habitants de son quartier, les musiciens de la fanfare de l’École d’architecture de Lille où il a enseigné, et Rem Koolhaas, architecte urbaniste du projet Euralille. Enfin, respectant la tradition des peintres de la Renaissance, il s’est lui-même représenté !

Ce décor mural a été réalisé à partir d’œuvres de format plus réduit qui ont été numérisées et imprimées sur trois bâches mesurant 50 mètres de haut par 18 mètres de large.

Bien que la station de métro soit ouverte au public en 1994, la fresque n’est installée et inaugurée qu’en 2000. Elle est présentée à Lionel Jospin lors de sa venue à Lille pour l’achèvement de la ligne 2 jusque Tourcoing. Parallèlement, une exposition présentant une version de la fresque à l’échelle 1/10e et des études préparatoires est organisée à Paris, à la Maison du Nord-Pas-de-Calais. Cette exposition, intitulée « Piranèse 2000 », fait de cette fresque un hommage à l’œuvre de Giovanni Battista Piranesi (dit Le Piranèse, 1720-1778), à ses architectures et perspectives complexes.

Pour écouter des extraits du témoignage de Jean Pattou, cliquez ici.

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