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Quand le savoir-faire métropolitain s'exporte

Page de couverture du carnet de bord de François Brière

Archives de la MEL - Cote document : 53076

La métropole et la coopération internationale : exemple de Quito, Equateur.

Les années 1980 sont marquées en France par la problématique du logement urbain, notamment les quartiers dits « défavorisés ». Une politique de développement social des quartiers se met en place aussi bien au niveau national (1983 : création du Conseil National de Développement Social des Quartiers) qu’au niveau local. La ville de Roubaix est notamment choisie comme site national prioritaire d’intervention dès 1982.

Parallèlement à ce contexte de développement social des quartiers, la fin des années 1980 voit le développement de la coopération décentralisée entre collectivités territoriales françaises et étrangères. La coopération décentralisée est un mode de coopération internationale comprenant toutes les relations d’amitié, de jumelages ou de partenariats noués entre les collectivités locales d’un pays et les collectivités, équivalentes ou non, d’autre pays. Elle doit se concrétiser par la signature d’une convention entre les deux autorités locales. 

Le 15 avril 1994, la délibération adoptée par le conseil communautaire est le résultat de plusieurs années de dialogue entre Quito, la capitale équatorienne, et la métropole lilloise. C’est par l’intermédiaire de l’organisation internationale, Cités Unies, que les premiers contacts s’établissent en 1989 entre Pierre Mauroy, et le responsable des relations internationales de la mairie de Quito Ramiro Viteri. Cette rencontre débouche sur une première mission d’identification en Equateur menée par François Brière (directeur adjoint de la direction de l’urbanisme, de l’aménagement et de l’habitat) et René Vandierendonk (conseiller communautaire et 1er adjoint de Roubaix chargé de l’urbanisme) entre le 26 janvier et le 10 février 1991. Cette mission est l’occasion d’établir un premier contact avec les autorités locales compétentes en matière de développement social (notamment la petite enfance) et urbain (visite de quartiers défavorisés, d’institutions d’aide au développement,…). 

Cette première mission d’identification est l’occasion pour M. François Brière de tenir un journal de bord relatant tous les aspects de sa vie quotidienne durant cette visite officielle. Ce document remarquable constitue un témoignage important naviguant entre description sur le déroulement de cette mission et récit plus personnel sur ce voyage. Il y relate, ses visites, ses rencontres mais également l’ambiance dans la capitale équatorienne. Nous vous invitons à consulter l’intégralité de ce document en cliquant ici.

La ville de Quito est officiellement fondée en décembre 1534 par les conquistadores. De récentes fouilles archéologiques ont dévoilées que le site était habité depuis environ 4500 ans par une multitude de tribus indigènes profitant de l’emplacement géographique idéal. Ces tribus se regroupent pour fonder le royaume de Quito. Juste avant la conquête espagnole, ce sont les Incas qui, menés par l’empereur Tupac Yupanqui, prennent possession des lieux vers 1450. La ville fondée est baptisé « Sant Françisco del Quito ». Sous l’impulsion du Général José Antonio de Sucre, l’Equateur devient indépendant en 1822, tout d’abord au sein de la « Grande-Colombie » puis obtient en 1830 son indépendance totale. Le centre historique de Quito est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité en 1978 comme étant un exemple de l’art baroque de Quito, une fusion entre les traditions artistiques indigènes et européennes. C’est également le centre historique le plus important et le mieux conservés de l’Amérique espagnole.

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Fonds communaux / La loi concernant la séparation des Églises et de l'État de 1905

Procès-verbal de concession de jouissance, 1907

Conformément à la loi du 9 décembre 1905, le maire de Wambrechies accorde, par ce procès-verbal, la jouissance gratuite de l’église Saint-Vaast à l’abbé Destombes.

Archives de la MEL - Cote document : 4DC3215 - 1WIE_P19

Le 8 février 1907, le maire de Wambrechies accorde à l’abbé DESTOMBES la jouissance gratuite de l’église de Wambrechies.

Cette décision est une conséquence de loi concernant la séparation des Églises et de l'État, adoptée le 9 décembre 1905 à l’initiative du député républicain-socialiste Aristide Briand. Cette loi met en place une laïcité sans excès, mais constitue aussi un acte fondateur dans l’affrontement violent qui a opposé deux conceptions sur la place des Églises dans la société française pendant presque vingt-cinq ans.

Elle abroge le régime du concordat de 1801, qui est toujours en vigueur en Alsace-Moselle pour des raisons historiques (les élus alsaciens en faisaient une des trois conditions d’acceptation de leur rattachement à la France en 1919, à défaut de quoi ils demandaient un référendum, que la France ne pouvait prendre le risque de perdre après une guerre si meurtrière).

Comme le disposent les articles 1 et 2 :

       •  “La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes […]”. (Article 1er)

       •  “La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. […]” (Article 2)

Les 3 conséquences majeures de cette loi sont que

  1. Les ministres de cultes ne sont plus rémunérés par l’Etat
  2. Les établissements publics du culte sont dissouts, et remplacés par des associations cultuelles
  3. Les biens religieux saisis en 1789 restent propriété de l’Etat, mais des mises à disposition sont possibles

Les inventaires des biens de l’Église suscitent des résistances dans certaines régions traditionalistes et catholiques, notamment l’Ouest de la France (Bretagne, Vendée), la Flandre et une partie du Massif central. Ainsi, le 6 mars, à Boeschepe (Nord), commune de 2 200 habitants, lors d’un inventaire, un paroissien, Géry GHYSEL, est abattu dans l’église. C’est l’une des 2 morts liées à la “querelle des inventaires” qui entraînera la chute du gouvernement de Maurice ROUVIER le 7 mars 1906.

Conformément à la loi du 9 décembre 1905, le maire de Wambrechies accorde donc à l’abbé DESTOMBES, le 8 février 1907, la jouissance gratuite de l’église de Wambrechies pour une durée de 18 ans. C’est la durée maximale permise sans approbation préfectorale. Mais quelle que soit la formule choisie, les délibérations du Conseil municipal sont transmises à la Préfecture ou à la Sous-Préfecture où elles seront soumises à un contrôle de légalité.

Depuis 2011, le 9 décembre est reconnu en France comme la Journée nationale de la laïcité.

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Parc de la Deûle / Création du centre d’interprétation faune-flore

Carton d'invitation à l'inauguration du relais nature

Carton d’invitation à l’inauguration du relais nature du Parc de la Deûle sur le site de l'ancienne ferme Montblond à Santes, 18 mai 2013

Archives de la MEL - Cote document : 890W7

Au début des 1990, la Communauté urbaine manifeste un vif intérêt dans la réalisation d’un projet environnemental, celui du Parc de la Deûle. Le contrat d’agglomération de 1992 l’intègre comme projet structurant, déjà inclus - dès les années 1960 - au sein d’un espace repéré comme périmètre à protéger pour garantir la ressource en eau de l’agglomération lilloise (champs captants).

Le parc est d’abord géré par le Syndicat mixte du parc de la Deûle créé en 1993. À partir des années 2000, la Communauté urbaine se dote de la compétence « Valorisation du patrimoine naturel et paysager, Espace naturel métropolitain » et par délibération du 1er mars 2002, elle décide de la création du Syndicat mixte Espace Naturel Métropolitain.

À ce titre, elle reprend à son compte le projet du parc et les acquisitions foncières engagées auparavant, notamment celle de la ferme Montblond, située à Santes. Dans les mois suivants, Lille Métropole Communauté urbaine choisit d’y implanter un centre d’interprétation faune-flore (relais nature).

La délibération du 15 octobre 2004 pose les principes d’aménagement des bâtiments (corps de ferme comprenant une habitation, un poulailler, une étable et des dépendances). Ainsi le centre comprendra : un lieu d’accueil du public, un espace d’interprétation, des bureaux et un logement de gardien, une écurie pour les chevaux d’attelage.

En 2005, le concours de maîtrise d’œuvre, restreint à cinq candidats, est lancé. D’abord infructueux, il est finalement attribué en 2007 au groupement le groupement Jérôme Houyez Atelier écologique d’architecture, Agence Paysages, Atelier Z, B & R Ingénierie, Greet Ingénierie. Les missions confiées au maître d’œuvre s’étendent de l’élaboration du projet jusqu’à la coordination et le suivi des travaux, une mission d’évaluation du coût de gestion annuel, ainsi que d’autres éléments complémentaires : diagnostics, scénographie intérieure et extérieure, signalétique, mise en lumière, définition et choix des mobiliers.

L’ensemble du projet, inscrit dans la trame verte et bleue métropolitaine, respecte des critères cibles de haute qualité environnementale (HQE) et a été réalisé avec les idées sous-jacentes suivantes :

- une conception pensée comme un espace de loisirs créatifs : il doit révéler l’extraordinaire insoupçonné de la nature ordinaire afin d’y sensibiliser le public, notamment jeune, et de présenter toute la diversité écologique locale.

- la muséographie et la scénographie du centre ne doivent pas être cantonnées à un espace précis. Le site est de taille modeste, mais l’ensemble du bâti et ses abords (dont jardin, cour intérieure, accueil, lieu d’information gratuit, centre payant…) servent le propos environnemental. Des outils sont imaginés afin de faire le lien avec les milieux écologiques, notamment 3 mascottes : une taupe représentant la terre, une grenouille représentant l’eau et un pic représentant le bois.

- l’aménagement et la scénographie des bâtiments doivent s’articuler avec l’environnement extérieur, notamment avec la Deûle, axe de référence de la vallée.

L’avant-projet (APD) est validé en décembre 2007, le projet (PRO) est réceptionné en juin 2009, après obtention du permis de construire en mars de la même année. La commission d’appel d’offres du 9 mars 2011 désigne les titulaires des lots de travaux : le gros œuvre débute dès la fin du mois de juin et se poursuivent pendant près d’un an et ½.

Le site ouvre au public au début de l’année 2013.

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L’expérimentation de la télédistribution à la Communauté urbaine de Lille

La station centrale de télédistribution

Photo de la station centrale située au sommet de l’immeuble de la Communauté urbaine de Lille qui adressait aux foyers par fibre optique 15 chaînes de télévision et la diffusion d’émissions choisies par le téléspectateur.

Archives de la MEL - Cote document : 796 W 3

C’est lors du conseil du 9 novembre 1979 qu’est présenté pour la première fois le projet de la télédistribution. Son objectif ? Mettre au service des téléspectateurs une télévision interactive par l’accès à une banque de données, l’ancêtre du bouquet satellite en quelque sorte.

Techniquement, il s’agit de développer sur le territoire communautaire une invention américaine de 1949, en installant un mode de communication par raccordement en fibre optique au domicile de chaque usager. Pionnière en la matière, la Communauté urbaine de Lille a pour objectif de fournir l’accès pour 300 000 foyers à l’ensemble des chaînes européennes de l’époque et de la programmation d’une vingtaine d’émissions euro radio.

De 1981 à 1984, un réseau expérimental de télédistribution est ainsi mis en place à Lille dans le quartier Saint-Sauveur. 50 foyers bénéficient gratuitement de l’expérience. Comment ? En étant reliés à la station centrale installée au sommet de l’immeuble de la Communauté urbaine. Cette station leur adresse par câble de fibre optique 15 chaînes de télévision (française, monégasque, belge, suisse romande, hollandaise et anglaise). Les bénéficiaires de l'expérience ont également la possibilité de choisir des documentaires et des émissions (sportives, culturelles, médicales,…) dans le catalogue de la vidéothèque en appelant directement la station centrale qui diffuse à leur domicile l’émission choisie.

Le projet de télédistribution à la Communauté urbaine s’arrête avec la fin de l’expérimentation en 1985. Le conseil de Communauté n’ayant pas validé la prise de compétence sur le sujet de l’installation du réseau câblé sur le territoire et le déploiement de cette offre de service, le projet est stoppé momentanément. Cependant, la Communauté urbaine s’est montrée précurseuse dans ce qu’on pourrait considérer comme l’ancêtre de la VOD.

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La genèse du Jardin des Géants à Lille

Projet de jardin de l'Atelier Mutabilis

Plan du projet de l'Atelier Mutabilis pour le concours de 2005

Archives de la MEL - Cote document : 22212

C’est au début des années 2000 que nait le projet du Jardin des géants. La MEL, qui réfléchit au réaménagement de son siège rue du Ballon, décide alors de réaliser un espace vert sur l’emplacement de son parking. Ce projet a pour objectif premier d’apporter un cadre plus agréable et un lieu de détente aux agents métropolitains. Il permet également de doter l’agglomération lilloise d’un nouveau parc dans le secteur très urbanisé d’Euralille et du boulevard périphérique.

Un appel d’offres est lancé en 2005 auprès de paysagistes afin qu’ils imaginent un « jardin d’exception et d’émotions ». L’équipe retenue, l’Atelier Mutabilis à Paris, s’est inspirée de l’histoire régionale et de la tradition des géants qui protègent les cités : le « Jardin des géants » est né. Il s’agit d’un jardin contemporain qui se caractérise par la diversité des atmosphères et des plantations. Une zone plantée de bambous servant à isoler les bruits venant du boulevard est appelée «l’herbe des géants ». Dans d’autres espaces destinés à la promenade se trouvent des têtes de géants en osier.

Il est ouvert au public depuis 2009 et chacun peut venir s’y promener.

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Les métiers à la communauté urbaine de Lille dans les années 70

La centrale de données urbaines en 1974

Le 6 juin 1974, le président de la CUDL, Arthur Notebart et les membres du bureau du conseil visitent les services de la centrale de données urbaines à Roubaix. Pour l'occasion, ce technicien a revêtu son plus beau costume et pose fièrement à côté de son tachéomètre électro-optique enregistreur.

Archives de la MEL - Cote document : 11 Ph 283

Petit tour d'horizon de quelques métiers et des outils employés dans les années 70 à la CUDL.

Tout d'abord, ceux relatifs à la centrale de données urbaines. Au cours des années 1973 et 1974, la Communauté urbaine de Lille a investi plusieurs millions de francs dans sa création au titre des études et de l'acquisition d'équipements. Elle est une des premières métropoles à se doter d'un outil pour le contrôle et la maîtrise de son développement. Elle sera installée à ses débuts dans un collège de Roubaix avant de rejoindre le nouveau bâtiment communautaire, rue du Ballon à Lille.

Parmi ses compétences, la communauté a en charge l'eau. Elle s'est attachée à simplifier le système de sa distribution qui variait selon les communes. Entre autres mesures prises, elle met en place une régie communautaire unique desservant les villes de Lille, Roubaix, Tourcoing, Croix, Halluin et Wattrelos qui prend en charge notamment la réception des paiements des consommations d'eau des habitants.

L'imprimerie communautaire, quant à elle, assure en interne la fabrication de très nombreux documents. En 1973, par exemple, elle réalise plus d'un million d'imprimés et procède à la reliure de près de 8 000 brochures. De plus, elle effectue des travaux de massicotage, d'assemblage et d'agrafage.

Le service courrier assure à cette époque le lien entre la CUDL et les habitants par l'envoi de plus de 70 000 courriers par an environ. De plus, il assure l'acheminement de la correspondance aux élus et aux diverses administrations comme la préfecture.

Au début des années 70, la CUDL utilise la mécanographie pour l'enregistrement des données. Les machines mécanographiques sont des "calculatrices géantes", des sortes de "superordinateurs" de l'époque. Elles sont capables de traiter des données complexes comme la gestion des comptes ou l'édition des payes. En janvier 1975, la CUDL loue à IBM un "ordinateur central". Ces machines électromécaniques sont alors progressivement remplacées par l'ordinateur qui devient l'outil indispensable de l'administration afin d'améliorer la productivité, la coordination des affaires et les opérations de synthèse.

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