De la CUDL à LMCU

«Les 87 communes qui la composent aujourd’hui ont appris à vivre ensemble et se sont développées en unissant leurs efforts. Aujourd’hui, Lille Métropole s’affirme comme une métropole européenne qui a de solides atouts à faire valoir à l’aube du XXIe siècle», Pierre Mauroy, dans la préface de La Métropole rassemblée, CUDL et éditions Fayard, Lille, Paris, 1998

Le 20 janvier 1986, Margaret Thatcher et François Mitterrand annoncent à Lille la construction du tunnel sous la Manche. Un an et demi plus tard, le principe de construction du TGV Nord-européen est adopté et la ville de Lille obtient l’implantation d’une nouvelle gare internationale.

Le territoire de la CUDL se retrouve alors au croisement de Paris, Londres et Bruxelles, au cœur de l’Europe. Marqué par le déclin de ses activités industrielles traditionnelles (comme le textile), cette nouvelle donne est une occasion d’expansion et suscite l’ambition de bâtir une grande agglomération internationale et transfrontalière.

En juin 1989, les différents groupes politiques de la Communauté urbaine s’entendent sur un accord programmatique. Le 27 juin, Pierre Mauroy, maire de Lille devient président de la CUDL (trois mandats consécutifs, jusqu’en 2008). L’accord programmatique définit les grandes lignes de cette ambition de rayonnement européen. Pour l’atteindre, il faut :

  • maintenir un haut niveau de service public
  • faire aboutir des grands projets, vecteurs du dynamisme de la CUDL.

Afin de favoriser l’accessibilité de tous à l’intérieur du territoire communautaire, mais aussi aux nouvelles liaisons internationales du futur TGV Nord-européen, la CUDL lance des actions pour améliorer la desserte de l’agglomération.

Le 1er janvier 1989, afin d’unifier les réseaux de transports en commun sur le territoire communautaire, la société TCC, Transports en Commun de la Communauté urbaine de Lille, est créée. Elle est issue de la fusion des trois compagnies exploitant les transports de la Communauté urbaine de Lille, COTRALI, COMELI et Syndicat mixte d'exploitation des transports en commun de la Communauté urbaine de Lille. Cela se traduit pour l’usager par un tarif unique, avec correspondances gratuites entre les différents modes de transport.

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Bus portant le logo de la TCC, s.d.


Le 17 novembre 1989, le conseil de Communauté engage la modernisation du tramway sur l’axe de l’ancien Mongy, le prolongement de la ligne 1bis du métro entre la gare Lille Flandres et Mons-en-Barœul et la réalisation de la ligne entre Roubaix et Tourcoing. Le 21 décembre 1990, il décide de relier Lille à Tourcoing. Le 21 février 1992, deux autres délibérations portent sur des études préliminaires de la ligne 2 prévoyant le passage du métro sous la rue de Lille à Roubaix et l’autre sur le nouveau tramway : réalisation de la voie aménagée à Roubaix et de l’accès par la rue de Chanzy à Tourcoing.

Si l’offre en matière de transports en commun s’étoffe, l’espace urbain se doit également d’évoluer afin de participer à la construction d’une métropole à échelle européenne. À l’initiative de la CUDL et de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Lille, du Conseil régional et de l'État, le 17 septembre 1990 est fondée l’Agence de développement et d’urbanisme (ADU). Sa mission est de contribuer à la définition des politiques et projets urbains ainsi qu'aux démarches de planification urbaine. Elle participe ainsi au développement économique et social, à l’amélioration de l’environnement dans le but d’améliorer la qualité de vie des habitants du territoire et de bâtir une métropole unie. L’agence pilote la révision du Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) de 1973. Puis, via le nouveau SDAU 1995-2015, elle cherche à dessiner une nouvelle métropole internationale et transfrontalière, servie par de nouvelles infrastructures, par le développement des transports et par des liaisons renforcées avec l’étranger, notamment la Belgique.

Elle participe également à la réalisation des grands axes de liaison en accompagnement des travaux décidés par l’État ou le Département, comme ceux de la connexion de la rocade nord-ouest à l’A22 et à la voie rapide urbaine à l’est inaugurée en décembre 1994.

En matière d’amélioration de la qualité de vie, la CUDL initie une nouvelle politique dans la gestion des résidus urbains. Dès 1991, elle lance, d’abord sous forme expérimentale puis étendue dès octobre 1994, la collecte sélective des déchets avec ce trytique « Jeter moins, Trier plus, Traiter mieux ». Dès 1995, un parc de 12 déchetteries est développé sur le territoire et un centre de tri semi-mécanisé est construit à Halluin.

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Distribution des nouveaux bacs de collecte à Pérenchies, novembre 1993


En 1990, la CUDL se dote d’une identité visuelle à travers un logo jaune-rouge-gris et blanc et lance la campagne « Grands projets, grand avenir ». Elle s’engage ainsi dans la réalisation de grands projets (créations de zones d’aménagement concerté – ZAC –, participation à différentes sociétés d’économie mixte) pour lui permettre de rejoindre les grandes agglomérations internationales en organisant un développement économique harmonieux. Le projet le plus emblématique est celui d’Euralille sur une ZAC s’étendant sur la frange Est de Lille, sur l’emprise des anciennes fortifications. Il s’agit de créer un véritable quartier international d’affaires autour de la nouvelle gare TGV avec bureaux, logements, stations de métro et tramway, centre commercial, parkings…. Après l’arrivée du premier TGV en gare de Lille-Flandres en mai 1993, les inaugurations au sein du nouveau quartier d’affaires vont s’enchaîner comme celle de la Gare Lille-Europe, du centre commercial un an plus tard puis d’autres équipements, la tour du Crédit lyonnais, Lille - Grand-Palais.

D’autres grands projets voient le jour en parallèle sur le territoire : la zone de télécommunications avancées d’Eurotéléport et la ZAC de la Fosse aux Chênes à Roubaix, le centre international de transport à Roncq/Neuville-en-Ferrain, la plateforme mutimodale de Lomme-Sequedin, la zone d’activités de Ravennes-les-Francs à Tourcoing, la création de société d’économie mixte en 1991 pour l’aménagement du quartier de la Haute-Borne à Villeneuve-d’Ascq.

Pour accentuer sa dimension transfrontalière, la CUDL est l’une des communautés membres de la Conférence permanente intercommunale transfrontalière, COPIT , créée en octobre 1991. Les autres membres de la COPIT sont IDETA pour Tournai, IEG pour Mouscron, LEIEDAL pour Courtrai et WIER pour Bruges. Des actions de coopération dans le domaine de la définition de stratégies de développement commun (comme des études sur la vallée de l’Espierre) ainsi que dans le domaine technique (comme la création d’une base de données statistiques et cartographiques transfrontalières) sont alors menées et bénéficient de fonds européens Interreg.

En juin 1995, Lille lance sa candidature pour l’organisation des JO d’été 2004 et celle-ci est retenue comme représentant la France par le CIO en novembre 1995. Si au final, les JO n’ont pas lieu à Lille, mais à Athènes, cette candidature a permis au territoire de la métropole lilloise de se retrouver sous les projecteurs et d’avoir ainsi un rayonnement médiatique à l’échelle internationale.

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Numéro spécial de la revue "Le Métropolitain" de décembre 1995


Ainsi, à la veille du XXIe siècle, forte de ses équipements déjà existants, le Stadium et le musée d’art moderne (actuel LaM) et de son récent quartier d’affaires Euralille, du développement de son offre en matière de service public, la CUDL s’affirme alors comme une agglomération européenne et transfrontalière.

Pour être plus en accord avec cette nouvelle envergure internationale, la CUDL change de nom le 13 décembre 1996 et devient Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU).

 

Découvrir la frise historique



Les 30 ans de la communauté urbaine de Lille, France 3, collection des journaux télévisés du soir Nord-Pas-de-Calais, 9 octobre 1998 / SOURCE INA

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